Pas de printemps pour Marnie

Synopsis

Marnie Edgar est engagée comme secrétaire chez un éditeur, Mark Rutland. Celui-ci amoureux d’elle, découvre qu’elle est kleptomane et l’oblige à l’épouser en la menaçant de la dénoncer. En s’apercevant que Marnie a la phobie de la couleur rouge, Mark tente de remonter dans le passé de la jeune femme afin de comprendre les raisons de sa névrose.

La première fois que j’ai vu ce film je ne devais pas avoir plus d’une dizaine d’années. C’était chez ma grand-mère et j’ai été particulièrement traumatisée par ce film, je n’avais d’ailleurs rien compris. La seule image qui m’était restée était celle de la piscine sur le bateau et mon incompréhension devant l’idée qu’une femme avait épousé quelqu’un qu’elle n’aimait pas. Des années plus tard, je l’ai revu et c’est devenu mon film préféré d’Alfred Hitchcock. Il a d’ailleurs fait auparavant un autre film psychologique avec « La maison du docteur Edwardes » en 1945.

F. T. : « Qu’est-ce qui passionne tellement le héros de Marnie? Que cette voleuse dépende de lui parce qu’il connaît son secret et qu’il ne tiendrait qu’à lui de la livrer à la police, ou bien plus simplement qu’il trouve excitant de coucher avec une voleuse. »

A. H. : « Ce sont les deux choses à la fois, absolument. »

F. T. : « Je vois une contradiction dans le film. Sean Connery est très bien, il a une apparence plutôt bestiale qui sert bien l’aspect sexuel de l’histoire mais le scénario et le dialogue ne traitent pas réellement cet aspect. Mark Rutland est présenté aux spectateurs comme un personnage simplement protecteur. C’est en regardant attentivement son visage qu’on devine votre désir de pousser le scénario dans une direction plus originale.« 

A. H. : « C’est vrai mais rappelez-vous que j’ai montré dès le début que Mark avait repéré Marnie. 

Quand il apprend qu’elle est partie avec la caisse, il parle d’elle en disant : « Ah oui ! la fille avec les jolies jambes? » Si j’avais comme dans mon vieux film anglais Murder, utilisé le procédé du monologue intérieur, on aurait entendu Sean Connery se dire à lui-même : « Je souhaite qu’elle se dépêche de commettre un nouveau vol afin que je puisse la prendre sur le fait et la posséder enfin. » De cette manière, j’aurais obtenu un double suspense. Nous aurions toujours filmé Marnie du pont de vue de Mark et nous aurions montré sa satisfaction lorsqu’il voit la fille commettre son vol. J’ai bien pensé à construire l’histoire de cette autre façon, j’aurais montré cet homme regardant et même contemplant secrètement un véritable vol. Ensuite il aurait suivi Marnie la voleuse, l’aurait attrapée en feignant d’avoir retrouvé sa trace et il se serait emparé d’elle en jouant l’homme outragé. Mais on ne peut pas réellement représenter ces choses sur l’écran parce que le public les refuserait.« 

Entretien Hitchcock/Truffaut, Gallimard.

Fiche technique

Titre original : Marnie Réalisation : Alfred HITCHCOCK Scénario : Jay PRESSON ALLEN Musique : Bernard HERRMANN Photographie : Robert BURKS Son : William RUSSELL, Waldon O. WATSON Costumes : Edith HEAD, James LINN, Rita RIGGS Montage : George TOMASINI Décors : George MILO Date : 1964 Pays : Etats-Unis Genre : drame Durée : 120 mn interprètes : Tippi HEDREN, Sean CONNERY, Diane BAKER, Martin GABEL, Louise LATHAM, Bob SWEENEY Couleur

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