Belle de Jour

Synopsis

Epouse d’un jeune interne des Hôpitaux, Pierre, Séverine n’a jamais trouvé de véritable plaisir auprès de lui. Un de ses amis du ménage, play-boy, amateur de call-girls, lui glisse un jour l’adresse d’une maison clandestine. Troublée, Séverine ne résiste pas à l’envie de s’y rendre et ne tarde pas à devenir la troisième pensionnaire de Mme Anaïs. Elle y est appelée « Belle de jour » car ses visites surviennent chaque après-midi de 14 à 17 heures.

J’ai vu ce film il a plus de 30 ans maintenant. Je l’avais trouvé plutôt dérangeant et sulfureux. Cette histoire de petite bourgeoise aseptisée qui s’ennuie auprès de son mari et qui finit par trouver son plaisir dans le sexe et la prostitution occasionnelle, ce n’est pas forcément acceptable quand on a 15 ans. En plus, je ne savais pas si toutes les scènes étaient la réalité de « Belle de jour » ou simplement ses fantasmes. Aujourd’hui je comprends mieux ses motivations et ses attentes et je pense que ses fantasmes sont les scènes de masochisme. Comme ces derniers temps on montre tout du point de vue du sexe dans les films, celui-là paraîtra peut-être désuet mais sûrement pas pour le thème qu’il traite. Dommage qu’il y ait une morale finale, décevante d’ailleurs, mais probablement était-ce nécessaire pour « assumer » le sujet.

Dans une interview en 2004, Catherine Deneuve a révélé que faire le film « n’était pas une expérience terriblement positive » pour elle. Elle a estimé que Luis Bunuel avait été isolé des acteurs par les producteurs, ce qui avait entraîné une rupture de communication. Elle se sentait «très exposée 

dans tous les sens du terme», a-t-elle dit, «mais très exposée physiquement, ce qui m’a causé de la détresse; j’ai senti qu’ils me montraient plus qu’ils n’avaient dit qu’ils allaient le faire … Il y a eu des moments où Je me sentais totalement utilisée. J’étais très malheureuse. « 

Luis Bunuel a été contraint de faire des coupes pour les censeurs, ce qu’il a ensuite regretté. Il était surtout gêné de devoir couper la scène entre Séverine et le duc (Georges Marchal). À l’origine, la scène avait Séverine couchée dans un cercueil dans une chapelle privée après une messe avec une «splendide» copie d’une des peintures du Christ de Grünewald clairement visible sur le mur. « La suppression de la messe« , dit-il, « change complètement le caractère de cette scène. La scène avait plus de valeur avec la peinture du Christ de Grünewald, qui est l’image la plus terrible du Christ … Elle a été peinte dans un style férocement réaliste. Cette image était importante car elle préparait le public à la scène suivante.« 

Lion d’Or du Festival de Venise et Prix Méliès 1967.

Fiche technique

Réalisateur : BUNUEL Luis Scénario : Luis BUNUEL, Jean-Claude CARRIERE Musique : Michel MAGNE Photographie : Sacha VIERNY (directeur), Raymond VOINQUEL (plateau) Son : René LONGUET Costumes : Hélène NOURRY, Yves SAINT-LAURENT Montage : Louisette HAUTECOEUR Décors : Robert CLAVEL Pays : Italie/France Date : 1966 (production) – 1967 (sortie) Genre : comédie dramatique Durée : 102mn Interprètes : Catherine DENEUVE, Michel PICCOLI, Pierre CLEMENTI, Jean SOREL, Francisco RABAL, Geneviève PAGE, Françoise FABIAN, Francis BLANCHE Couleur

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