Akira Kurosawa (1910-1998)

Akira Kurosawa, descendant d’une célèbre famille de samouraïs, naît à Tôkyô en 1910. Il est illustrateur de livres lorsqu’il entre dans l’industrie du cinéma comme assistant-réalisateur pour le studio Photo Chemical Laboratory. Il apprend le métier aux côtés du réalisateur Kajiro Yamamoto jusqu’en 1941. En 1943, il réalise son premier film « La légende du grand judo » qui connaît un succès très important au Japon.

La légende du grand judo (Sugata sanshiro 姿三四郎)

Dans ses films, Kurosawa dépeint la pauvreté dans « Les bas-fonds« 

Donzoko (どん底), 1957

La violence urbaine dans « Chien enragé« 

Nora-inu  (野良犬), 1949

La maladie et l’immobilité des fonctionnaires dans « Vivre« 

Ikiru  (生きる), 1952

La destruction de l’environnement dans « Rêves » (Yume, 1989), la vieillesse dans « Madadayo« 

Madadayo (まあだだよ), 1993

Il fait également des fresques sur l’époque médiévale : « Les sept samouraïs« , « Kagemusha« , « Ran« . Dans ses films, il représente fréquemment des scènes oniriques utilisant des décors de soie peinte (« Dodes’kaken« , « Kagemusha« , « Madadayo« ).

Dode’s Kaden (どですかでん ), 1970

En 1950, « Rashômon » (羅生門) est le film de la consécration pour Kurosawa et à travers lui, celui de la reconnaissance du cinéma japonais en Europe (Lion d’Or à Venise) et en Amérique (Oscar du meilleur film étranger). Il enchaîne les succès avec « L’idiot » (1951), « Les sept samouraïs » (Shichinin no samurai, , 七人の侍, 1954), « Le château de l’araignée » (Kumonosu jo,蜘蛛巣城 1957), « Barberousse » (Akahige, 赤ひげ 1965)

l’Idiot (白痴, Hakuchi)

Il connaît une période difficile entre sa tentative échouée de se tourner vers le cinéma américain et l’échec de son premier film en couleur, « Dodes’kaden (1970). Comme il a désormais des difficultés à produire ses films au Japon, « Dersou Ouzala » (Derusu Uzara, デルス・ウザーラ 1975) est financé par la société soviétique Mosfilm. Ce film lui permet de renouer avec le succès (Oscar du meilleur film étranger).

Il est aidé pour ses derniers films par les Occidentaux Sergie Silberman, Francis Ford Coppola et Georges Lucas qui lui permettent de réaliser des films qui reconstituent  le Japon des Shoguns comme « Kagemusha » (影武者), 1980) Palme d’Or à Canne, « Ran » (乱 1985) ou « Madadayo« .

Techniquement, Kurosawa se particularise par un procédé cinématographique qu’il a développé dans les années 50. Il utilise des téléobjectifs pour le rendu particulier de l’image qui lui permettent de filmer les acteurs de loin sans les troubler, mais aussi la technique du volet comme mode de transition entre deux scènes (il influencera en cela profondément George Lucas). Kurosawa tourne également avec plusieurs caméras ce qui lui permet de filmer une même scène sous plusieurs angles. Enfin, il utilise les événements naturels pour renforcer les ambiances comme la pluie dans la bataille finale des « Sept samouraïs » ou le brouillard dans « Le château de l’araignée« . 

Le château de l’Araignée

Kurosawa s’est inspiré d’histoires de Shakespeare avec « Le château de l’araignée » adapté de « Macbeth« , « Ran » d’après « Le roi Lear« , « Les salauds dorment en paix » (Warui yatsu hodo yoku nemuru) inspiré de « Hamlet« .

Les Salauds dorment en paix (悪い奴ほどよく眠る), 1960

Il a également adapté des romans russes comme « L’idiot » (Hakuchi) de Dostoievski et « Les bas-fonds » (de Gorki).

Lecteur des nouvelles de Simenon, le commissaire Satô du film « Chien enragé » (Noru inu, 野良犬) partagerait sa perspicacité avec celle du commissaire Maigret. « Entre le ciel et l’enfer » reprend une partie de l’intrigue du roman « Rançon » écrit par Ed McBain.

Entre le ciel et l’enfer

Le réalisateur John Ford l’a aussi inspiré. Enfin « Sanjuro » (Tsubaki Sanjuro) est la suite du film « Yojimbo » (用心棒 1961). Malgré certains critiques japonais considérant Kurosawa comme trop occidentalisé, il a été profondément inspiré par la culture japonaise et notamment le kabuki (forme épique du théâtre japonais traditionnel), le théâtre nô et le genre de cinéma jidaigeki (film historique). 

Sanjuro (椿三十郎), 1962

Akira Kurosawa meurt le 6 septembre 1998 à Tôkyô.

« Il y a quelque chose qui peut s’appeler beauté cinématique. Cela ne peut être exprimé que dans un film, et cela doit être présent pour que ce film soit un travail de mouvement. Quand cela est bien exprimé, l’expérience d’une émotion particulièrement profonde sera présente à la projection. Je crois que c’est cette qualité qui fait que les gens viennent voir un film, et c’est l’espoir d’atteindre cette qualité qui inspire le réalisateur pour réaliser le film. » (Akira Kurosawa)

Autres films

« Après la pluie » (Ame agaru, 雨あがる 1998) est une oeuvre posthume réalisée par Takashi Koizumi. La mise en scène, les scénario et dialogues sont signés d’Akira Kurosawa.

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