Agent trouble

Au petit matin, sur une route de montagne enneigée, Victorien, jeune écologiste, routard, fait une macabre découverte : un car de touristes dont les cinquante occupants sont morts. Consciencieusement, il leur fait les poches…Intrigué, il va en parler à Amanda Weber, sa « tantine ». Ils apprennent par le journal télévisé que ce même car est officiellement tombé dans un lac avec les passagers. Un sombre crime maquillé en banal accident de al route : Victorien est persuadé d’être au cœur d’une grosse affaire.

« J’ai fait 10 films avec Jean-Pierre et je garde des souvenirs d’un homme en tous les cas fidèle à ses amitiés et à sa foi. Un drôle de bonhomme, un drôle de mec. C’était un drôle de mec mais c’est resté malgré tout, malgré ses cris, son empirisme, c’était un bon mec. Quant au cinéaste ma foi tout le monde en a fait l’apologie. Je viens d’entendre curieux que cette apologie n’ait pas été faite du temps de son vivant (…) mais c’est comme ça la vie dans ce métier. Donc là où il est, j’espère qu’il entendra ces bonnes paroles sur son cinéma. C’est vrai son cinéma était organique mais terriblement humain. Moi j’ai traversé des moments très humains avec lui, très très humains et puis il était drôle, tellement drôle (…) Voilà c’était un mec super. » (Richard Bohringer, hommage à Mocky le 8 août 2019)

Jean-Pierre Mocky a voulu réaliser un film à suspense dans la tradition des films d’atmosphère liés à une intrigue policière, telles les œuvres d’Hitchcock, Walsh, Don Siegel, que Mocky voyait jeune à la Cinémathèque. C’est la première fois que Catherine Deneuve tournait avec Jean-Pierre Mocky.

« C’était (…) un tournage très rapide – quatre semaines – et on n’avait pas vraiment le temps de faire du tourisme. Et puis, il faisait un froid de canard ; vous avez vu, j’avais de toutes petites chaussures. Entre les plans, je passais mon temps à essayer de trouver un moyen de me réchauffer les pieds. (…)

C’était mon idée, cette perruque, pour trouver une coiffure désuète qui irait avec le personnage. Cela a plu à Mocky, il aime les clins d’œil. Et j’avais plus envie d’aller dans un film de Mocky que de lui demander d’aller vers une image qui était la mienne. 

J’aime les surprises, aussi j’ai adoré jouer Amanda Weber, femme non pas laide, mais désuète. Amanda est restée très enfantine, ce qui est souvent le cas des personnes qui vivent seules.

C’est très curieux, mais sur ce tournage, je ne suis pas aussi inquiète que d’habitude. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, je me sens très bien dans cet univers. La confusion de Mocky n’est qu’apparente, en fait… Evidemment, pour les acteurs qui aiment travailler dans le silence, ça doit être difficile, mais moi, le silence m’oppresse, je n’aime pas, comme c’est toujours le cas sur les autres tournages, que toute la pression repose sur les acteurs.

Ce qui m’a troublée, parfois, c’est de tourner plus rapidement que prévu, plusieurs scènes soudain raccourcies en un seul plan. On sent bien, avec Mocky, les séquences qui ne l’intéressent pas. Les autres réalisateurs le cachent. Lui, ça se voit.

J’ai plus d’indulgence pour les imperfections de Mocky que pour bien des productions plus habiles. Au moins a-t-il un ton. Une insolence. » (Catherine Deneuve, Elle, 1987)

Réalisateur : Jean-Pierre MOCKY
Scénario : Jean-Pierre MOCKY
Musique : Gabriel YARED
Photographie : William LUBTCHANSKY (directeur), Moune JAMET (plateau)
Son : Jean-Bernard THOMASSON, Jack JULLIAN
Costumes : Caroline de VIVAISE
Montage : Bénédicte TEIGER, Jean-Pierre MOCKY
Décors : Michèle ABBE-VANNIER
Pays : France
Date : 1987 (production et sortie)
Genre : Policier
Durée : 90 mn
Couleur
Interprètes : Catherine DENEUVE, Richard BOHRINGER, Tom NOVEMBRE, Dominique LAVANANT, Dominique ZARDI, Jean-Claude ROMER, Maxime LEROUX, Pierre ARDITI, Kristin SCOTT-THOMAS, Sylvie JOLY

Un commentaire

  • Je n’ai pad vu celui-ci. Mais il me tente bien !
    Je crois que tout Mocky est sorti en coffret il y a peu. A mon avis un indispensable pour le prochain Noël !
    C’est intéressant d’avoir ici le point de vue de Deneuve. J’ai retrouvé celui de Mocky à propos de son personnage :
    « Catherine était aussi capable de tous les culots. Pas autant que Jacqueline mais un peu quand même. Un jour, elle me dit qu’elle en a marre de son image de blonde sophistiquée. Elle aimerait bien en changer, mais personne ne lui propose autre chose.
    – Je vais te foutre une perruque frisée et, dans le film, tu te caresseras sur un divan.
    Elle s’est marrée et elle m’a demandé :
    – on commence quand ?
    C’est comme ça qu’est né Agent Trouble. « 

    Aimé par 1 personne

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s