Joker

Arthur Fleck est un homme souffrant de troubles mentaux le poussant, notamment, à rire fréquemment, sans la moindre envie ou lors de moments ne s’y prêtant pas. Il travaille en tant que clown pour subvenir à ses besoins et ceux de sa mère Penny. Il rêve toutefois de venir humoriste. Un jour, il est agressé par un groupe de jeunes mais son employeur l’accuse d’avoir inventé cet épisode pour ne pas travailler. Un de ses collègues, Randall, lui donne alors une arme à feu pour qu’il puisse se défendre. Lors d’un spectacle dans un hôpital pour enfants, Fleck fait tomber accidentellement son arme au sol. A cause de cet épisode et d’une dénonciation calomnieuse de Randall, il perd son emploi. En revenant chez lui, il est témoin dans le métro du harcèlement d’une jeune femme par trois hommes ivres…

Ce film est dégommé par France Inter qui le traite de « film vide, détestable et facho« . J’avoue être très surprise par cette très violente critique que je trouve  injustifiée. « Joker » est une étude de caractère. On y montre pourquoi et comment un homme psychologiquement instable, sombre définitivement dans la folie et la violence.  Je n’ai personnellement pas trouvé ce film particulièrement violent probablement parce que je me suis focalisée sur le jeu de Joaquin Phoenix qui est (et vous ne serez pas surpris) plus que remarquable, extraordinaire. Tout au long du film, on voit le corps du personnage, voûté et misérable, se déployer pour devenir ce Joker dansant et rayonnant. Mais cette interprétation stupéfiante a un revers : on a l’impression que les autres rôles ne sont que des faire-valoir paraissent du coup un peu fades.

Le poids.

« La première chose qu’il fallait faire, c’était la perte de poids. C’est par ça que j’ai démarré. Parce qu’en fait, ça affecte ta psychologie. Tu commences à de devenir fou quand tu perds autant de poids en si peu de temps. » (Joaquin Phoenix)

Le rire.

« Je pensais que j’avais besoin d’être capable de le faire sur commande, devant quelqu’un d’autre. C’était inconfortable. Ça m’a pris très longtemps. » Pour parvenir à créer ce rire, Phoenix a observé des personnes atteintes de désordres psychologiques. « J’ai regardé des vidéos de gens souffrant de rires psychologiques, un désordre neurologique qui provoque chez ces personnes un rire incontrôlable. » (Joaquin Phoenix)

« Quand je m’attaque à un personnage, j’aime essayer de le cerner le plus possible en amont. Todd m’avait montré un documentaire qui évoquait les effets secondaires très lourds de certains médicaments contre la dépression, et qui pouvaient induire des comportements criminels. Je voulais en savoir plus sur la corrélation entre ces médicaments et les « pensées négatives » qu’ils peuvent provoquer. Nous avons beaucoup parlé de ce cas, et c’est devenu une composante essentielle du personnage. » (Joaquin Phoenix)

« Gotham est l’autre personnage principal du film, on a voulu aussi raconter comment, dans une ville sur le point de s’effondrer, comme c’était le cas pour le New York de la fin des années 1970, cette désintégration peut nourrir le mal. La décrépitude de la ville, mais la musique aussi, est là pour nous informer sur l’état d’esprit du tueur et quel chemin il prend. Nous avons aussi beaucoup regardé « News from Home » de Chantal Ackerman, pour ses magnifiques plans du New York quotidien de 1977 et qui montre avec force détails comment les gens s’habillent, leur démarche… Ce fut une référence essentielle pour notre chef costumier et notre directeur artistique. Nous avons aussi beaucoup évoqué avec mon scénariste, « Un justicier dans la ville«  (Michael Winner, 1974), film des années 1970 sur l’autodéfense. Nous avons tourné « Joker » dans le même format, le 1.85 plutôt que le 2.35 du format cinémascope rectangulaire, parce que je voulais donner le sentiment d’un film vertical, d’une ville étouffante qui se referme sur Arthur Fleck. » (Todd Phillips)

« Joker est un récit concentré sur une seule personne et je n’avais pas besoin d’un cadre large pour inclure plusieurs personnages. Par souci de réalisme, on a aussi intégralement tourné ce film à New York et un peu dans le New Jersey, rien devant des fonds verts à Los Angeles. Hormis « Un justicier dans la ville« , nos références pour le ton du film incluaient « Network » (Sidney Lumet, 1977), « Un après-midi de chien » (Sidney Lumet, 1976), « Serpico » (Sidney Lumet, 1974)… Plus qu’à un film spécifiquement, c’est à une époque de films américains que « Joker » veut rendre hommage, du début des années 1970 au début des années 1980, quand Hollywood produisait tant de bonnes histoires qui étaient aussi de profondes études psychologiques de personnages. On s’est demandé comment renouer avec un cinéma comme celui-là, et on s’est dit alors qu’un personnage comme le Joker serait un moyen idéal pour y parvenir et attirer le public en même temps. » (Todd Phillips). »

Le réalisateur revendique plusieurs influences pour son « Joker » comme « Taxi Driver » (1976), « Raging Bull » (1981) et « La valse des pantin » (1983) de Martin Scorsese.

Titre original : Joker
Réalisateur : PHILLIPS Todd
Scénario : Todd PHILLIPS, Scott SILVER
Musique : Hildur GUONADOTTIR
Photographie : Lawrence SHER
Son : Tom OZANICH, Alan Robert MURRAY
Costumes : Mark BRIDGES
Montage : Jeff GROTH
Décors : Mark FRIEDBERG
Effets spéciaux et visuels : Rich KRUSELL (effets maquillages), Edwin RIVERA (effets visuels)
Pays : Etats-Unis/Canada
Date : 2019 (production et sortie)
Genre : Drame
Durée : 122 mn
Couleur
Interprètes : Joaquin PHOENIX, Robert DE NIRO, Zazie BEETZ, Frances CONROY, Brett CULLEN, Shea WHIGHAM, Bill CAMP, Douglas HODGE

3 réflexions au sujet de « Joker »

  1. je pense que c’est un film qui me plairait bien, mon dieu je ne vais plus au cinéma pourtant jaimais bien, j’ai perdu tous mes points que j’avais sur ma carte UGC ça doit donc faire un an que je n’ai plus mis lees pieds !!! et là avec les travaux, c’est pas maintenant que je vais avoir le temps d’y aller hein..
    te souhaite un bon dimanche ma belle fin octobre je déménage chez ma mère le temps qu’il refasse tout l’appart electricité plomberie, peinture et sol , si tu me vois plus t’affoles pas. un bizou flo

    Aimé par 1 personne

  2. Merci beaucoup pour ce partage de propos toujours extrêmement éclairant. Ceux de Phoenix en disent long sur l’approche psychiatrique du personnage, effectivement impressionnant. Il lui donne une profondeur étonnante qui à mes yeux rejoint le mystérieux Joker de Ledger.
    Gotham est une des plus belles réussites du film qui, c’est heureux, n’abuse pas sur le numérique. Il nous renvoie en effet au New York du début des 80’s, et me reviennent en mémoire les images tournée par Jarmusch de ces quartiers délabrés dans « Permanent vacation ».
    J’ai écouté aussi les critiques du Masque mais je me demande de plus en plus s’ils ne manquent pas de lucidité et de mesure dans leur critique. On peut ne pas aimer le film sans le traîner à ce point dans la boue, sans lui reconnaître d’évidentes qualités. La plupart avaient également assassiné le Tarantino de la même manière…

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