Le crime de l’Orient-Express (2017)

Synopsis

A Constantinople, le célèbre Hercule Poirot monte à bord du train Orient-Express. Au wagon-restaurant, il fait la connaissance d’Edward Ratchett, un gangster notoire. Peu de temps après, il est retrouvé assassiné. Le coupable est forcément dans le train.

J’ai pas vraiment aimé cette adaptation de Kenneth Branagh. En tant qu’Hercule Poirot, il ne me dérange pas, après tout Peter Ustinov n’était pas non plus physiquement très approchant du célèbre détective. Par contre, qu’il le montre se battant, courant après un éventuel coupable, me dérange plus. Ses libertés par rapport au livre ne sont pas non plus toujours très heureuses. Le personnage joué par Penelope Cruz qui remplace celui de Ingrid Bergman est sans intérêt (elle joue un personnage qui apparaît dans « Le Noël d’Hercule Poirot« ). Michelle Pfeiffer, même si sa performance reste excellente, ne fait malheureusement pas oublier celle de Lauren Bacall. Quant à Judi Dench qui joue la princesse Dragomiroff , elle ne m’a même pas marqué. Et je ne parle pas de la scène finale, pourtant si importante dans les romans d’Agatha Christie, elle est totalement ratée.

« Quel était le plus grand défi pour cette adaptation?« 

J’ai décrit sa version [celle de Sidney Lumet, 1974] comme une farce, et je voulais que la mienne soit plus sombre, que le crime passionnel derrière cette histoire soit un peu plus présent. J’ai donc voulu aller vers un style en quelque sorte épique dans la réalisation, dans la veine de John Ford ou David Lean. Le monde du grand écran en cinémascop, 70MM, comme John Sturges qui a fait un film appelé « Bad Day at Black Rock » [« Un homme est passé« ]. On voit un train au milieu d’un paysage immense, un homme habillé en noir en descend. Le train repart, il est seul dans l’immensité, il se retourne, il y a un petit village et un meurtre. J’aime les possibilités qu’il y a, et je voulais emmener les spectateurs en immersion dans l’histoire. Et je voulais également créer un voyage émotionnel pour Hercule Poirot dans lequel il parle d’une certitude morale, il y a le bien, le mal, et rien au milieu jusqu’à ce moment dans sa vie où il doit se demander si les choses ne sont pas beaucoup plus nuancées. La combinaison de tout cela, c’était irrésistible. » (Kenneth Branagh)

« Saviez-vous dès le début que vous vouliez jouer Poirot et comment l’avez-vous abordé?« 

« Je pense que les détectives et les réalisateurs cherchent la vérité. Le regard utilisé par l’un et l’autre est intense. Pour moi, il semble qu’il y ait des caractéristiques très semblables. Je pouvais faire beaucoup de scènes comme cela face à Michelle Pfeiffer ou Johnny Depp qui joue Mrs Hubbard et Ratchett. En tant que réalisateur, le but est d’observer leur interprétation et de les aider, en tant qu’Hercule Poirot, c’est de voir s’ils mentent ou non. C’est peut-être la même question dans les deux cas. Je voulais apporter également quelque chose d’émouvant, de romantique. Dans le livre, Poirot a une sorte d’ancien amour, une femme russe. On a une petite idée de qui il s’agit et pourquoi elle pourrait être là.

Je voulais également qu’il y ait un peu de mélancolie en lui. Il a un don et en paie le prix. Comme il le dit au début. Ça rend la vie la plupart du temps insupportable, mais c’est utile pour résoudre des énigmes. Mais il a aussi cet aspect enfantin qui lui permet d’apprécier un Dickens ou un gâteau. Il a quelque chose de savant. Il est moins précis et précieux que dans d’autres adaptations mais il reste obsessionnel compulsif. » (Kenneth Branagh)

« Comment avez-vous réussi à rassembler autant de grands noms? »

« Avec Judi Dench, c’était un peu… C’est une actrice qui est comme un magnet, tout le monde l’adore et sur le tournage, elle est un peu comme le chef de famille, très joueuse, très provocatrice. Elle me taquinait tout le temps devant les autres, et ça créait une atmosphère plus légère. Une fois qu’elle a accepté, c’était plus simple d’avoir Johnny Depp et Michelle Pfeiffer. Quand ils se sont rencontrés le jour où ils se rassemblaient devant l’Orient-Express, ils étaient très timides les uns avec les autres. Michelle Pfeiffer était la première personne à bord et ses yeux étaient un peu humides, je lui ai demandé si tout allait bien, elle a commencé à pleurer et a dit : « Je viens juste de rencontrer Judi Dench. » (Kenneth Branagh)

Le plus long plan Steadicam en 65mm.

« Cette séquence a été très complexe à réaliser sur le plan logistique parce qu’elle met en scène tous les acteurs du film et un train qui entre en gare puis repart. Il s’agit en outre d’un plan-séquence de près de cinq minutes filmé au Steadicam qui s’achève à 30 mètres du sol, obligeant toute l’équipe à se dissimuler. J’ai pris beaucoup de plaisir à le tourner car je trouve qu’il sied particulièrement à l’intrigue, qui reste d’une certaine manière en suspens. » (Kenneth Branagh)

« J’étais émerveillée ! Kenneth Branagh avait fait reconstruire ce train de rêve près de Londres et l’avait perché à 25 mètres de hauteur sur un viaduc… Tout à l’intérieur, des boiseries aux tissus, était reproduit à l’identique : c’était magnifique ! J’étais aussi intimidée par le casting. On s’est retrouvés là, sans vraiment se connaître, tétanisés comme des gamins le premier jour d’école, à la fois dans l’admiration et dans la crainte de ne pas être à la hauteur, ce qui amusait beaucoup Kenneth. Je n’avais jamais eu un tel trac depuis ma rencontre avec Jack Nicholson sur « Les sorcières d’Eastwick ». Et quand j’ai vu Judi Dench, mon héroïne absolue, en face de moi, j’ai fondu en larmes. Ma mère m’a souvent dit que j’ai un côté un peu trop dramatique. » (Michelle Pfeiffer)

Fiche technique

Titre original : Murder on the Orient Express Réalisateur : Kenneth BRANAGH Scénario : Michael GREEN Musique : Patrick DOYLE Photographie : Haris ZAMBARLOUKOS Costumes : Alexandra BYRNE Montage : Mick AUDSLEY Décors : Jim CLAY Pays : Etats-Unis Date : 2017 (production et sortie) Genre : Policier Durée : 109 mn Interprètes : Kenneth BRANAGH, Johnny DEPP, Michelle PFEIFFER, Josh GAD, Derek JACOBI, Pénélope CRUZ, Willem DAFOE, Daisy RIDLEY, Judi DENCH Couleur

3 réflexions au sujet de « Le crime de l’Orient-Express (2017) »

  1. Pas convaincue donc. J’ai pourtant bien envie de la voir cette version sortie il y a déjà un an. Je l’avais un peu oubliée, et je crois que le film n’avait pas bien fonctionné.
    je pense qu’il y a de la place pour une autre adaptation que celle de Lumet. Intéressante d’ailleurs cette référence de Branagh à « un homme est passé ».

    Aimé par 1 personne

    1. Oui, il y a de la place pour d’autres adaptations, je suis d’accord mais là, je sais pas. Il y a des scènes qui ne correspondent pas à ce qu’Agatha Christie aurait pu écrire et ça m’a gênée. On peut innover, recréer, mais Il faut rester dans l’esprit. Hercule Poirot ne peut pas être cette version (pour moi). Tu me diras ce que tu en penses quand tu le regarderas

      Aimé par 1 personne

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