Sherlock Holmes : jeu d’ombres

Synopsis

Partout dans le monde, la presse s’enflamme : en Inde un magnat du coton est ruiné par un scandale, en Chine un trafiquant d’opium décède, en apparence, d’une overdose, ou des attentats se sont succédé à Strasbourg et à Vienne et aux États-Unis, un baron de l’acier vient de mourir. Personne ne voit le lien entre ces événements, hormis le grand Sherlock Holmes qui y discerne la même volonté maléfique de semer la mort et la destruction. Et ces crimes portent tous la marque du sinistre Moriarty.

Je n’aimais pas trop Sherlock Holmes jusqu’à ce que je regarde les séries « Sherlock » et « Elementary » qui m’ont réconciliées avec le personnage (les duo d’acteurs choisis sont excellents). Pour en revenir au film, l’histoire m’a un peu échappée parmi toutes ces explosions, bagarres en tous sens. A un moment donné, je ne savais plus de quoi ça parlait ! Donc mitigée. Par contre, j’ai bien aimé le duo Downey/Law, bonne alchimie et la photographie est belle.

La série de chiffres sur le tableau de Moriarty (et vu à nouveau brièvement au cours de la séquence de décodage du carnet), est le triangle de Pascal. La tradition attribue le nom de triangle de Pascal à ce triangle. Cependant, il  était déjà connu en Orient et au Moyen-Orient plusieurs siècles avant la publication de Blaise Pascal. Il était ainsi connu des mathématiciens persans, comme al-Karaji (953-1029) ou Omar Khayyam au XIe siècle ou des mathématiciens du Maghreb comme Ibn al-Banna et ses disciples. Il apparaît en Chine dès 1261 dans un ouvrage de Yang Hui et dans le Miroir de jade des quatre éléments de Zhu Shijie en 1303. Yang Hui attribue la paternité du triangle au mathématicien chinois du XIe siècle Jia Xian. Ce triangle permettait de présenter les coefficients des différents termes dans la formule du binôme et, selon Victor J. Katz, il était utilisé pour généraliser à des degrés supérieurs à 2 la méthode d’extraction de racine. En Europe, il apparait dans l’ouvrage de Peter Apian, Rechnung (1527). Il est étudié par Michael Stifel (1486-1567), Tartaglia (1499-1557) et François Viète (1540-1603). C’est d’ailleurs sous le nom de « triangle de Tartaglia » qu’il est connu en Italie. Il est également connu de Marin Mersenne (1588-1648). Mais c’est Blaise Pascal qui lui consacre un traité : « Le Traité du triangle arithmétique » (1654).

Les joueurs de cornemuse au mariage du Dr. Watson étaient du Leicestershire Seaforth Highlanders. Guy Ritchie les a contactés >car son grand-père était dans les Seaforth Highlanders.

Le personnage de Claude Ravache s’inspire d’un véritable anarchiste français, François Claudius Koenigstein dit Ravachol, actif jusqu’à son exécution en 1892.

La pipe longue que Holmes fume pendant le film est faite par la compagnie française Butz Choquin (fondée en 1858) pour les dames.

Quand Holmes Watson et Sim chevauchent leurs chevaux, la musique est tirée du film « Sierra torride » (« Two Mules for Sister Sara« , Don Siegel, 1970) où le personnage de Clint Eastwood était suivi par la lente Shirley McLane comme Watson et Sim sont suivis par le lent Holmes.

Les médailles que Watson porte pendant son enterrement de vie de garçon sont la Médaille de guerre afghane (ruban rouge et vert) et l’Étoile de bronze de Kandahar (ruban rayé multicolore), ce qui ferait de 

Watson un vétéran de la Seconde Guerre afghane (1878-1880). Cette guerre, à l’issue de laquelle les Britanniques réalisèrent tous leurs objectifs géopolitiques, s’acheva par le traité de Gandamak. Presque tous les soldats britanniques et indiens se retirèrent du pays. De plus, les Afghans purent conserver leur souveraineté en matière de politique intérieure. Cependant, ceux-ci durent abandonner la politique extérieure de leur pays à la Couronne britannique.

La publicité de Lazenby’s Soup Squares au dos du journal de Moriarty est pour un vrai produit de cette époque.

Je connaissais le personnage mais, dans mon enfance, je le confondais avec ces vieilles fictions en noir et blanc que je voyais à la télévision. Il y avait un côté un peu obsolète. Et puis, après le premier Sherlock Holmes, j’ai eu envie de me replonger dans les livres de Conan Doyle et j’ai redécouvert un univers plus sombre, plus anxiogène que je ne le croyais. Et je pense que nous avons tous eu envie, pour Jeu d’ombres, de nous rapprocher de cette tonalité. D’être dans cette ombre qu’annonce le titre. De nous replacer dans un contexte historique plus grave. Ce qui, du coup, pour contrebalancer, nous a donné l’envie d’être encore plus drôles, plus délirants. Et pouvoir travailler à l’écran des choses plus contrastées.

A propos de Moriarty : 

L’idée fut collective. Nous avions les moyens de nous offrir une vedette. Mais, comme pour Jude, qui nous apparaissait être le meilleur Watson possible, nous avons raisonné de la même façon. Moriarty est un homme qui se fond dans l’ombre et se meut dans l’obscurité. Il nous fallait un acteur qui soit le moins prévisible possible pour le spectateur. Que l’on ne puisse pas l’associer automatiquement à quelque chose de connu. Et que cela puisse décupler l’effet de surprise et de terreur. Le personnage est d’une modernité absolue car Moriarty est le cerveau d’une vaste conspiration internationale. Sans se dévoiler, véritable homme sans visage, il manipule et orchestre le chaos.

Robert Downey Jr.

Fiche technique

Titre original : Sherlock Holmes : A Game of Shadows Réalisation : Guy RITCHIE Scénario : Kieran MULRONEY, Michele MULRONEY Musique : Hans ZIMMER Photographie : Philippe ROUSSELOT (directeur), Daniel SMITH (plateau) Son : Jodie CAMPBELL, Dillon BENNETT, Oliver TARNEY Costumes : Jenny BEAVAN Montage : James HERBERT Décors : Alison HARVEY, Katie SPENCER Effets spéciaux et visuels : Mark HOLT, Giles HANNAGAN (effets spéciaux) – Chas JARRETT (effets visuels) Pays : Grande Bretagne/Etats-Unis Date : 2011 Genre : Aventure Durée : 129 mn Interprètes : Robert DOWNEY Jr, Jude LAW, Noomi RAPACE, Rachel McADAMS, Jared HARRIS, Stephen FRY, Paul ANDERSON, Kelly REILLY Couleur

3 réflexions au sujet de « Sherlock Holmes : jeu d’ombres »

  1. Même avis : acteurs très bien (Robert Downey épatant) mais le style Richie ne me convient pas du tout. Je préfère de loin les relectures en série.
    Merci pour toutes ces riches anecdotes.

    J'aime

  2. Je trouve ce second volet encore mieux que le premier, même si c’est vrai que les éléments de l’intrigue sont assez brouillons. Mais on comprend l’essentiel : un grand méchant qui fomente un grand complot pour son profit personnel. Personnellement, j’aime beaucoup Guy Ritchie car il a un humour décalé et des dialogues qui font mouche ! En effet, le duo Robert Downey Junior/Jude Law fonctionne très bien. On sent que le monde des séries et du cinéma a essayé de moderniser l’image de Watson ces dernières années. Moi au début je le voyais plutôt comme un médecin un peu casanier, peu enclin à l’aventure mais en fait c’est un homme d’action et Jude Law l’incarne parfaitement. J’apprécie aussi que le personnage de Mary prenne de l’importante dans ce second film et joue un rôle dans l’intrigue. Même si Holmes lui en veut de lui « enlever » son ami, il fait quand même tout pour la sauver. Par contre, j’ai été un peu déçue du sort réservé au personnage d’Irène. On va voir ce qu’ils vont faire du personnage de Sim dans le troisième volet, que j’ai très hâte de voir !

    J'aime

  3. Au fait, tu n’as pas vu le premier Sherlock Holmes du coup ?

    Merci aussi pour les informations historiques en rapport avec le film (je n’ai rien compris au triangle de Pascal mais c’est pas grave) !

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s