Bette Davis (1905-1989)

La Reine d’Hollywood

Ruth Elizabeth Davis, née le 5 avril 1908 à Lowell Massachussetts, est une actrice américaine. Alternativement appelée « Reine d’Hollywood« , « Reine des Studios Warner » et « Première Dame du grand écran américain« , Bette Davis a longtemps détenu le record du plus grand nombre de nominations aux Oscars en tant que meilleure actrice (10 fois).

Remarquée au théâtre par un dénicheur de talents d’Universal Pictures, elle y tourne son premier film « Bad Sister » de Hobart Henley en 1931. Carl Laemmle, directeur de la firme Universal s’écria en voyant ce film : 

« Comment peut-on tourner un film dans lequel un homme en voit de toutes les couleurs et le terminer en cadrant un tel visage?« 

Bad Sister

Après quelques rôles insignifiants dans d’autres studios, elle décide de rentrer à New York pour revenir au théâtre. George Arliss, grand acteur populaire de la Warner à l’époque, lui propose alors un premier rôle dans le film « L’homme qui jouait à être Dieu » (The Man who played God, John G. Adolfi 1932). Arliss écrira dans autobiographie :

« Je ne m’attendais qu’à une modeste prestation, mais ce petit rôle se transforma en une création vivante, profonde… comme une lueur illuminant un texte banal et lui communiquant émotion et passion. C’était un talent qui ne pouvait rester longtemps dans l’ombre.« 

Suite à ce film, les frères Warner lui font signer un contrat de sept ans. L’actrice devra lutter pour obtenir de bons rôles dans une firme spécialisée dans les films de gangsters et qui privilégie essentiellement les personnages masculins. Bette Davis n’arrête plus de tourner, on la voit dans 25 films en 4 ans, notamment avec Spencer Tracy dans « 20.000 ans sous les verrous » (20.000 Years in Sing Sing, Michael Curtiz 1933) et avec James Cagney dans « Jimmy the Gent » (Michael Curtiz 1935).

En 1934, Bette Davis harcèle la Warner pour obtenir le rôle de Mildred Rogers dans « L’emprise » (Of Human Bondage, John Cromwell, 1934). Elle obtint un grand succès critique mais le film fut un échec commercial.

L’emprise

Elle fait ensuite une autre composition remarquée de garce dans « Ville frontière » (Bordertown, Archie Mayo 1935), avant d’être consacrée dans « L’intruse » (Dangerous, Alfred E. Green 1936) pour lequel elle décroche son premier Oscar de la meilleure actrice.

L’intruse

Insatisfaite de ses scénarios, Bette Davis claque la porte de la Warner et quitte Hollywood pour Londres où on lui propose deux films. Un procès s’engage alors entre la Warner et elle. Elle le perd mais la Warner lui confiera des scénarios de meilleure qualité. Son retour à Hollywood se fera dans le film « Femmes marquées » (Marked Woman, Lloyd Bacon 1937)

Elle entame ainsi un nouveau départ à la Warner qui lui propose une série de films dont les scénarios sont écrits tout spécialement pour elle. 

Elle refuse le rôle de Scarlett O’Hara dans « Autant en emporte le vent » ne voulant pas se retrouver aux côtés d’Errol Flynn qu’elle juge trop médiocre pour le rôle de Rhett Butler (la Warner voulait l’imposer pour prêter Bette Davis). Jack Warner lui propose donc « L’insoumise » (Jezebel, William Wyler 1938), film qui ressemble étrangement à « Autant en emporte le vent« . La comédienne va faire une composition remarquable dans ce mélodrame taillé sur mesure et dirigé magistralement par William Wyler.

L’insoumise

Le film connaît un énorme succès. Elle reçoit un deuxième Oscar. La suite est des plus glorieuse, vient l’ère des grands mélodrames où l’actrice va donner le meilleur d’elle même. Le ton est donné avec le drame « Victoire sur la nuit » (Dark Victory, Edmund Goulding 1939), elle est nommé pour la troisième fois aux Oscars.

Victoire sur la nuit

Viennent ensuite deux films historiques : « Juarez » (William Dieterle 1939) et « La vie privée d’Elizabeth d’Angleterre » (The Private Lives of Elizabeth and Essex, Michael Curtiz 1939) 

et d’autres mélos comme « La vieille fille » (The Old Maid, Edmund Goulding 1939), « L’étrangère » (All this and heaven too« , Anatole Litvak 1940), « Le grand mensonge » (The Great Lie, Edmund Goulding 1941) qui lui donne la place enviée de l’une des dix vedettes d’Hollywood en tête du box office. Le sommet de cette période est sa collaboration avec William Wyler qui sera des plus réussi, après « L’insoumise » elle s’illustre dans les rôles de garces. Dans « La lettre » (The Letter, William Wyler 1940), elle incarne une meurtrière

et dans « La vipère » (The Little Foxes, William Wyler 1941), elle interprète une femme monstrueuse, cupide et manipulatrice ce qui la consacre actrice populaire et Reine de la Warner. Un film parachèvera cette période, modèle du genre, « Une femme cherche son destin » (Now Voyager, Irving Rapper 1942) qui lui vaudra sa sixième nomination.   

Elle aura encore une septième nomination pour « Femme aimée est toujours jolie » (Mr Skeffington, Vincent Sherman 1944). Après quelques films mineurs, Bette Davis tourne son dernier film à la Warner « La garce » (Beyond the Forest, King Vidor 1949).

On lui propose un rôle magnifique, celui de Margo Channing  dans « Eve » (All about Eve« , Joseph L. Mankiewicz 1950). Bette Davis donnera une interprétation inoubliable, unanimement saluée par la critique et couronnée par une pluie de récompenses dont le prix d’interprétation au Festival de Cannes. 

Malgré un tel sommet, la carrière de Bette Davis s’effrite au fil des ans et il faudra attendre les années soixante pour connaître un renouveau. En 1961, deux films viendront redorer son blason. Frank Capra lui offre « Milliardaire pour un jour » (Pocketful of Miracles, 1961) où elle est drôle, émouvante, grandiose en vieille clocharde au temps de la prohibition. Et surtout « Qu’est-il arrivé à Baby Jane? » (What Ever Happened to Baby Jane?, Robert Aldrich 1962) où elle compose, aux côtés d’un autre monstre sacré de la grande époque Joan Crawford, un personnage grand-guignolesque qui lui vaudront un succès retentissant dans le monde entier. Elle est nommée une dixième et dernière fois aux Oscars.

« Mère de trois enfants âgés de 10, 11 et 15 ans, divorcée, de nationalité américaine, 30 ans d’expérience dans le domaine cinématographique, encore alerte et plus aimable que ne le prétend la rumeur publique, cherche emploi stable à Hollywood. Connaît Broadway. Bette Davis. Références à l’appui.« 

C’est cette annonce que l’actrice fait paraître, par manque de travail, dans un hebdomadaire en septembre 1962. Suite à ce message, Jack Warner la contacte pour tourner « La mort frappe trois fois » (Dead Ringer, Paul Henreid 1964). Elle fera un deuxième film avec Aldrich : « Chut… Chut, chère Charlotte » (Hush… Hush, Sweet Charlotte, 1964) dans la même veine du précédent. Elle sera encore admirable dans  »L’argent de la vieille » (Lo Scopone Scientifico, Luigi Comencini 1972) et dans « Les baleines du mois d’août » (The Whales of August, Lindsay Anderson 1987).

La fin de sa carrière sera mois brillante, elle tourne dans beaucoup de films mineurs mais fait de nombreuses incursions au théâtre et à la télévision. Elle décède le 6 octobre 1989 à Neuilly-sur-Seine en France.

Filmographie

Années 30

  • Seed, John M. Stahl, 1931
  • The Menace, Roy William Neill, 1932
  • L’homme qui jouait à être Dieu (The Man who played God), John Adolfi, 1932
  • Le parachutiste (Parachute Jumper), Alfred E. Green, 1933
  • Ex-Lady, Robert Florey, 1933
  • Bureau des personnes disparues (Bureau of Missing Persons), Roy Del Ruth, 1933
  • The Big Shakedown, John Francis Dillon, 1934
  • Les pirates de la mode (Fashions of 1934), William Dieterle, 1934
  • Fog Over Frisco, William Dieterle, 1934
  • Une femme dans la rue (The Girl from 10th avenue), Alfred E. Green, 1935
  • Agent spécial (Special agent), William Keighley, 1935
  • La flèche d’or (The Golden arrow), Alfred E. Green, 1936
  • Satan Met a Lady, William Dieterle, 1936
  • Nuits de bal (The Sisters), Anataole Litvak, 1938

Années 40

  • Le grand mensonge (The Great lie), Edmund Goulding, 1941
  • Shining Victory, Irving Rapper, 1941
  • L’homme qui vint dîner (The man who came to dinner), William Keighley, 1942
  • Quand le jour viendra (Watch on the Rhine), Herman Shumlin, 1943
  • Rencontre d’hiver (Winter meeting), Bretaigne Windust, 1948

Années 50

Années 60

  • L’ennui et sa diversion, l’érotisme (La noia), Damiano Damiani, 1963
  • Rivalités (Where Love Has Gone), Edward Dmytryk, 1964
  • The Anniversary, Roy Ward Baker
Confession à un cadavre (The Nanny), Seth Holt, 1965

Années 70

  • Chambres communicantes (Connecting rooms), Franklin Gollings, 1970
  • Madame Sin, David Greene, 1972
  • Les visiteurs d’un autre monde (Return from Witch Mountain), John Hough, 1978
  • The Children of Sanchez, Hall Bartlett, 1978 (non créditée)

Années 80

  • Les baleines du mois d’août (The Whales of August), Lindsay Anderson, 1987
Ma belle-mère est une sorcière (Whicked Stepmother), Larry Cohen, 1989

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